Tressage de cheveux, un moment de partage féminin !
Cet art transmis de femmes en femmes,c’est une tradition chez nous mais aussi un bon moment de papotage entre femmes.
Généralement, ça se passe le week-end surtout le dimanche, quand les mamans ne travaillent pas et que les enfants n’ont pas école. Depuis toute petite jusqu’à ce que je parte à l’université, j’y ai eu droit tous les week-ends. Je vous laisse imaginer le nombre d’heures partagés avec ma mère et mes soeurs : tous nos fous rires et nos confidences.
Ha, la nostalgie de l’enfance !
Et ça continue pour la génération suivante : Larissa, ma nièce de 12 ans, a appris à tresser sur le cheveu de sa mère. Aujourd’hui, c’est moi qui me retrouve entre ses mains pas tout à fait expertes. Sa soeur est là aussi, qui observe et essaie déjà d’apprendre. Ça tire et ça fait un peu mal, peut-être à cause de mes cheveux non peignés toujours en mode curly. Mais on endure sans broncher, car il faut souffrir pour avoir de belles tresses et la paix pendant une semaine sans plus se préoccuper de ses cheveux.
Mais qu’est ce que c’est long ! Quand j’étais enfant, je m’endormais toujours pendant le tressage, avec la main de ma maman qui me masse doucement la tête.
Là, pendant environ une heure, on papote entre tante et nièce : elle me raconte les petits soucis de sa vie. L’école, les copains et les copines, les vacances,…Comme je le faisais à son âge ! Car ici, les moments où on peut vraiment communiquer entre femmes sont rares. Les femmes sont très occupées avec la gestion de la maison et les enfants : les mères et filles ne discutent pas trop, sauf à ce moment là.
Il y a un côté racontars : c’est là qu’on écoute les informations de la semaine. Les scandales surtout : qui a volé le mari de qui, qui a fait faillite… Mais c’est aussi un moment d’apprentissage sur des sujets d’intimité qui concernent pourtant toutes les jeunes filles : la sexualité, encore trop taboue dans ce pays… Les sujets salés sur le sexe sont survoltées derrière les foux rire. En gloussant, tu glanes quelques pièces du puzzle tant cachés.
A défaut d’apprendre les choses nécessaires à la vie d’adulte à l’école, nous faisons notre éducation sexuelle à l’heure de la tresse ! L’école de la vie dans la maîtrise de l’art. Parce que le tressage est un art aussi. La beauté d’un tresse “hosigny” en rasta ou “disco” qui serpente minutieusement la tête: C’est de l’art avec un grand A.

Moi, je n’ai pas eu la volonté d’apprendre à tresser vu que mes sœurs sont tout expertes et que je n’ai pas la main douce ni la patience pour le faire. Mais je chéris ces beaux moments avec nostalgie.
C’est un peu passé de mode en ville maintenant, pour les cheveux lisses, tresses sexy a un rajout et perruque est la mode, mais en brousse comme chez moi ça passe encore. Ça fait partie d’une de nos traditions qui mérite d’être préservée.
👌Alors à défaut d’apprendre des choses nécessaires pour la vie en société à l’école. Faisons nos éducations nous-mêmes pendant l’heure de tresse favorable à la communication bienveillante. Heureuse pour ce moment.🙏
