« La haine… jusqu’à l’amour »😍
📣« Connais tes ennemis », dit-on…Je l’ai fait.
Par haine, j’ai appris à la connaître.
Et à force de creuser, de jouer avec le feu, de chercher… j’en suis tombée amoureuse.
🙄Oh, tout doux l’imagination : il ne s’agit pas d’un homme. Il s’agit de la politique…
Un rejet viscéral, au départ…Je détestais la politique. Vraiment.
Et il y avait de quoi!Ma première grande blessure liée à l’injustice politique m’est arrivée à l’âge de 6 ans.Trop jeune, non ?
Je vous raconte…
Peut-être que je ne vous l’ai jamais dit, mais mon père, en plus d’être infirmier, était un grand politicien local du district d’Andapa, région SAVA, à Madagascar. Il a été plusieurs fois conseiller communal dans des localités comme Ambodiangezoka, Andranomena ou Andranotsara.
Un activiste de l’époque!
Je me souviens du passage de l’ancien président Zafy Albert à Ambodiangezoka : c’est mon père qui l’a reçu et organisé son séjour.
Depuis toute petite, je baignais dans cet univers. J’écoutais les informations chaque soir sur Radio Madagascar, et on lançait des débats politiques autour de la table familiale.
Mais le conte de fées s’est brutalement terminé lorsque, en 1996, le parti Hery Velona de mon père a perdu face au parti AREMA de Didier Ratsiraka.J’avais 6 ans.
J’étais heureuse dans ma petite commune d’Ambodiangezoka. Et soudain, mon monde s’est écroulé.
L’injustice comme héritage!
En représailles politiques, mon père a été affecté de manière disciplinaire à Vohémar par les nouveaux partisans au pouvoir. Ce fut mon tout premier contact avec l’injustice politique.
J’étais une petite princesse dans cette ville. Mon père était respecté. Il soignait les gens, dirigeait un club de foot, ma mère tenait une épicerie et apprenait la cuisine et la couture.Mes parents louaient des rizières où les amis et coéquipiers de mon père se retrouvaient pour cultiver ensemble. Nous, les enfants, étions bien installés à l’école publique du coin.
Je me souviens encore de ma petite bicyclette BMX, un luxe à l’époque.Et encore mieux : nous avions la moto de l’hôpital. Je faisais souvent des balades avec mon père, assise sur le réservoir. À 7 ans, j’apprenais déjà à conduire une grosse moto sur le guidon.
À 11 ans, je pilotais une Honda 125, même si mes pieds touchaient à peine le sol. Pour une fille, c’était rare. Et cela nourrissait déjà un certain sentiment de puissance en moi.
C’était une époque heureuse.Mais à cause d’une différence d’idéologie, tout a changé.
Exil, perte, désillusion!
Vohémar était une belle ville, oui. Et peut-être que pour nos études, c’était une bonne chose. Mais en termes de qualité de vie, ce fut une chute.Mes parents n’ont jamais retrouvé la stabilité financière qu’ils avaient avant ce départ, même après notre retour à Andapa trois ans plus tard. Ce n’était plus pareil. Le petit salaire d’infirmier ne suffisait plus à couvrir les besoins d’une famille qui grandissait.
Et ce ne fut pas la seule fois où la politique a semé le trouble dans ma vie.
En 2002, lors du conflit entre Ratsiraka et Ravalomanana, certains amis de mon père — militants AREMA — ont dû se cacher chez nous, puis être rapatriés dans la nuit. Je ne me rappelle plus la date exacte, mais cette nuit-là a été traumatisante pour la fillette de 12 ans que j’étais.
Et pourtant, j’ai compris quelque chose de fort : mon père, persécuté autrefois par les AREMA, était en train de sauver des membres de ce même parti.
La roue tourne. La haine n’a pas sa place dans la survie…
Naissance d’un engagement!
Je pense que mon activisme et mon combat contre l’injustice trouvent racine dans ces moments-là.Je me suis mise à crier contre les inégalités, à dénoncer la corruption, les abus, les anomalies politiques — parce que je les ai vécus.J’ai osé en parler parce que je savais de quoi je parlais.
Et à force de m’informer, de me former, d’analyser, je suis devenue experte de ces sujets.
Et un jour… j’ai compris que j’étais tombée amoureuse.Pas de la politique dévoyée.
Mais de la vraie politique.Comme quoi, il n’y a qu’un pas entre la haine et l’amour.Ma vision de la politique!
J’aime la politique qui transforme, celle qui a une vision claire, un projet de société, des valeurs de transparence, de bonne gouvernance.
Pas cette politique remplie de dérives, de tricheries, de corruption, de népotisme, comme celle qu’on nous impose trop souvent.
Je rêve d’une vraie démocratie, du respect de l’État de droit.Je crois que la différence d’idéologie ne devrait jamais être une cause de persécution ou de sanction.Et que la liberté d’expression ne devrait pas mener en prison – comme ce que j’ai récemment vécu.
Ceux qui connaissent la vraie politique ont la responsabilité de réparer les erreurs.
Moi, j’ai choisi de ne plus me taire.
Parce qu’aimer, c’est résister. Et résister, c’est vivre.
Et vous savez quoi je suis tombé amoureuse de la politique avec un grand P👌

